
Du 4 avril au 2 novembre 2025
Impossible de résumer le Moyen Âge – période longue de près de dix siècles, qui s’étend de la fin de l’art antique jusqu’aux prémices de la Renaissance, en parcourant l’art roman, l’influence byzantine et l’art gothique. Mais si un point commun devait émerger de cette traversée des époques aux sensibilités variées, ce serait la prédominance de l’imaginaire et du sacré dans l’art. Rendre le divin, la foi matériellement perceptibles, faire exister l’invisible, le rendre palpable.
Les robes à l’abbaye de l’Escaladieu, c’est une histoire ancienne. Du temps des moines, la soutane – la coule chez les Cisterciens – régnait sur les modes passagères du monde profane, faisant disparaître l’individu sous le voile du culte. Son souvenir resurgit aujourd’hui à travers la thématique de cette exposition consacrée à la robe. Vêtement porté indifféremment par les hommes et les femmes, la robe est le marqueur d’une époque, d’une civilisation, d’un ordre social.
À l’inverse du paysage qui serait une fenêtre ouverte sur l’horizon, l’homme a façonné et ordonné la nature à son goût dans l’espace clos du jardin. Promesse de ressourcement, d’évasion, de bien-être, de reconnexion avec l’authenticité, ce lieu d’agrément questionne le pouvoir de l’homme à modeler la nature tout en recherchant une harmonie avec elle sans parvenir à contourner l’artifice.
Au cours de sa longue histoire, l’abbaye cistercienne de l’Escaladieu, bien après sa vente en tant que bien national suite à la Révolution française, fut, durant quelques années, transformée en hôtel-restaurant. De cette nouvelle et brève vocation, il reste encore aujourd’hui de nombreuses modifications architecturales, quelques photographies et surtout des récits émouvants. En souvenir de ce passé quelque peu oublié, quatorze artistes ont été conviés à dresser leur propre table.
Le terme « bête » désigne dans le dictionnaire un « être appartenant au règne animal autre que l’homme » et traduit l’opposition de l’homme et de l’animal. À l’encontre de cette conception binaire, tous les artistes présents dans cette exposition ménagent une place singulière à l’animal dans leur œuvre, développent un dialogue unique avec leur bestiaire familier. Pour chacun d’eux, l’extérieur, la nature, est primordial dans le processus créatif, dès la phase d’observation, mais aussi par la collecte d’éléments qui serviront à la fabrication d’œuvres, ou bien dans l’évocation ou l’utilisation du paysage en toile de fond.
Si le plasticien convoque des enjeux qui lui sont propres, la représentation d’une figure animale fait écho à de grandes tendances de fond dans les rapports Homme/animal : l’incarnation, l’onirisme, le face-à-face ou la symbolique.
Dans un écrin de verdure tel que celui de l’Abbaye de l’Escaladieu, réunir des artistes qui s’intéressent à la nature, et plus largement au vivant, semblait une évidence. Souvent les artistes aspirent à se reconnecter au monde, à en écouter les pulsations, pour intensifier la présence du réel. Ils convoquent les éléments, les forces primordiales, les liens invisibles qui unissent les êtres. Ils expriment leur fascination pour les processus de vie, les métamorphoses infinies de la matière et s’inspirent de formes organiques et naturelles pour produire des œuvres qui enrichissent en émotion et en imaginaire notre relation au monde. L’exposition présente autant de regards singuliers sur le vivant.
Le fonds Alix présente l’exemple rare d’un studio photographique qui a fonctionné sans discontinuité pendant plus d’un siècle. Les centaines de milliers de photographies conservées à Bagnères-de-Bigorre constituent un patrimoine unique. Elles sont témoins de l’évolution de cette région aux paysages somptueux.
Le souhait de mettre en valeur l’écrin végétal de l’Abbaye de l’Escaladieu, classé « ensemble arboré remarquable » depuis 2016, a fait naître le projet d’une exposition sur la thématique de l’art nature. Cette envie de créer un dialogue entre la création artistique contemporaine et le patrimoine végétal du lieu s’est précisée autour du sujet de l’arbre, cette figure si familière tant dans les arts plastiques que dans notre environnement quotidien.